Combattre pour l’élimination du CPE, c’est croire en la possibilité d’un ébranlement considérablement profond d’un Etat compromis par essence (et compromis par l’essence). Dans le champs de la politique établie, les commandants, les patrons, les élus croient pouvoir écraser le cheptel passif, écervelé, en leur comptant pâquerette. Ils épandent confettis et paillettes éblouissantes pour capter le peuple ébahi et calmer le peuple échaudé. C’est de la poudre aux (o) eufs. Confinées, paralysées, écoeurées, les couvées, prochainement employées, crachent et piétine ces étincelles. Canards et poussins échauffés commencent par s’émanciper. Ils commentent, parlent, éclaircissent. La coalition est prête à s’évader. Elle courre au-dessus des palissades et creuse les pavés de l’égalité. Chanter, pousser jusqu’à s’époumoner les cantiques populaires de l’espoir devant les chiens policiers enragés. Les camarades partisans s’embrasent contre les camelots du pouvoir étatique.
« Chuuuuut ! ! ! » Les puissants s’énervent : « votre pâture est excellente ! »
Contester, à pied, ensemble, le cirque pernicieux et étouffant où les clowns perfides et éloquents prônent l’échafaud du chaos, de la précarité et de l’exclusion. Comme dans cette patrie (batterie), les enfants sont confiés et planqués dans des écoles où la critique ne peut s’exprimer, certains préfèrent le « e » muet. « Enfermez-les dans leur chambre si paisible pour étudier, dans leur classe si pratique pour écouter, dans les cafés pour s’enivrer ! » Clamer, penser, exercer sa créativité en peignant ses espérances. Connaître aussi les premiers émois des corps prêts à s’emmêler pour contrer les pratiques étriquées des chefs et des partis. S’effleurer les coudes, prendre également à coeur celui qui peut exister à côté. Et, prétendre, encore, au choix. Prendre de l’élan. Caresser pareillement l’envie de changer profondément, enveloppe au cachet poétique envoyée aux candidats d’une présidence éloignée. Les contre-pouvoirs existent, sans compréhension, ils peuvent être clandestins, patients, efficaces. Un cursus permet l’éducation. L’école ne peut être esseulée. Colères, passions, émotions... Connaissances, participation, engagement... La contestation est un parcours étrange. Le combat, peut-être, égraine la citoyenneté et les conditions paradoxales, comme d’autres émeutes et d’autres cris, pour s’élever. Une chevauchée vers le progrès, ensemble.
Collecte d’un petit échantillon de commentaires et de petites phrases écrites sur les cartons, les pancartes, les écriteaux...
Crève Pour l’Etat
Contrat Pour Entubé
Contre Pouvoir Etatique
Comment Profiter des Employés
Complot Patron-Etat
Capital, tu nous Pourris l’Existence
Contrat Poubelle Embauche
Cercueil Pour Etudiants
Contrat Premières Emmerdes
Cherche Pigeon à Exploiter
Crever Pour l’Economie
Cadeau Pour Employeur
Caviar Pour Entreprise
Calvaire Pour employé
Coup Porté aux jEunes
Cortège Pour un Enterrement
Certficat Pour Exploité
Chirac : la Préhistoire En pire
Comme un Printemps qui s’Enflamme